Etudiants en dentaire.

Nouvelle faculté dentaire de Grenoble : « une excellente nouvelle, mais… »

Annoncée début décembre par le gouvernement, la création de huit nouveaux sites universitaires de formation en odontologie à la rentrée 2022, dont l’un à Grenoble, entend remédier au manque de chirurgiens-dentistes dans les années à venir. Une bonne nouvelle, mais aussi un motif d’inquiétude quant aux modalités de mise en œuvre et à la qualité de l’enseignement qui y sera délivré.

Ce fut l’une des belles surprises déposées au pied du sapin. Début décembre, le premier ministre a annoncé la création de huit nouvelles UFR d’odontologie dans les secteurs les plus en souffrance. L’objectif, précisait alors Jean Castex, sera « d’orienter les professionnels de santé vers les territoires les plus fragiles du point de vue de la démographie en chirurgiens-dentistes ». L’un de ces territoires concernés se situe en Auvergne-Rhône-Alpes et l’implantation de l’une de ces huit facultés dentaires à Grenoble va offrir un véritable bol d’oxygène à l’Isère, la Drôme ou encore l’Ardèche.

« C’est une excellente nouvelle, car nous constatons actuellement une grande disproportion entre le nombre de jeunes diplômés ‘’grenoblois’’, soit 17 chaque année, et celui du nombre de départs à la retraite, estimé à plus d’une centaine par an », confirme le Dr Béatrice Béalem-Collin, très impliquée dans le projet et membre du bureau de l’URPS CD ARA. Deux leviers permettront ainsi de grossir les rangs futurs des chirurgiens-dentistes dans ces départements menacés par la désertification médicale : l’augmentation du nombre de places au numerus clausus, et une formation localisée, qui évitera que les étudiants partis se former dans des facultés dentaires éloignées ne décident de s’y installer, tournant ainsi le dos à leur région d’origine.

7265 étudiants en dentaire formés d’ici 2026

Selon le premier ministre, ces nouvelles facultés dentaires vont « permettre d’atteindre l’objectif ambitieux d’augmentation de 14 % des capacités d’accueil en formation en odontologie sur la période 2021-2026 ». Soit 7265 étudiants de plus d’ici 2026.

Reste à savoir, toutefois, dans quelles mesures ces projets pourront aboutir d’ici la rentrée 2022, la date annoncée par le gouvernement. C’est l’une des interrogations soulevées par l’URPS CD ARA : « une aide du ministère pour assurer un développement cohérent du projet à Grenoble sera la bienvenue », note ainsi le Dr Béalem-Collin, qui s’inquiète, face aux mois qui défilent, du manque de nouvelles émanant de l’exécutif. « Nous espérons également la mise en place d’un partenariat harmonieux avec la faculté dentaire de Lyon, sans laquelle le projet ne pourra aboutir ». Si une partie de la formation en première année se fera en distanciel, la qualité de l’enseignement dispensé durant les années suivantes repose en effet sur une parfaite synergie entre les sites universitaires lyonnais et grenoblois.

L’effet de surprise passé, l’heure est désormais à l’espoir d’une avancée rapide. Et alors que les délais semblent de plus en plus difficiles à tenir, les précisions gouvernementales quant aux modalités budgétaires et organisationnelles de déploiement de ces UFR n’ont jamais été autant attendues.

À SAVOIR

Les huit nouveaux UFR d’odontologie se situeront à Grenoble, ainsi qu’à Amiens, Besançon Caen, Dijon, Poitiers, Rouen et Tours.

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