Quel avenir pour mon cabinet dentaire ?

Votre URPS organise le 4 novembre prochain une conférence inédite autour du thème : « Quel avenir pour mon cabinet dentaire ? ». Elle sera animée par l’économiste de renom Frédéric Bizard, auteur d’une étude riche d’enseignements en Auvergne-Rhône-Alpes. Il nous en livre ce qu’on peut en attendre.

Dans le cadre d’une grande opération de prospective économique, l’URPS Chirurgiens-Dentistes Auvergne-Rhône-Alpes a sollicité le brillant économiste Frédéric Bizard. Ce dernier a planché durant plusieurs mois afin de mieux appréhender le devenir de nos cabinets à l’horizon 2030. Pour cela, l’expert de la santé en libéral s’est appuyé sur les résultats éloquents de la grande enquête menée fin 2019 par votre URPS, mais aussi sur les témoignages de plusieurs d’entre vous, sollicités pour faire partager leur vision de la profession et son avenir. Avant la conférence prévue le 4 novembre, interview de Frédéric Bizard.

Quel était l’objectif de votre étude ?

Il s’agissait de réaliser un état des lieux, une analyse de fond de la dentisterie en France, à la fois sur le plan de son organisation, de son financement et de sa gouvernance. À partir de là, et à la lumière de nombreux avis et témoignages recueillis auprès de chirurgiens-dentistes et d’orthodontistes d’Auvergne-Rhône-Alpes, à la fois en milieu urbain et en milieu rural, on a cherché à définir les grands défis pour les vingt ans à venir et à dessiner les contours de la dentisterie dans notre futur modèle de santé. 

Quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

Je réserve les résultats de nos travaux à la conférence du 4 novembre, mais un des enseignements est que la dentisterie française souffre de l’inadaptation au système de santé actuel.

Il faut une prise de conscience de cet état des lieux pour tourner tous les professionnels vers un nouvel avenir. Nous allons proposer les contours du cabinet dentaire libéral de demain, proposer des solutions pour relever dès maintenant les défis qui l’attendent.

Quels sont ces défis ?

Ils sont de plusieurs natures : démographique, organisationnelle, technologique, d’environnement concurrentiel et économique. 

Quelle est la principale menace ?

La dentisterie française est confrontée à une financiarisation avec des centres dentaires qui n’ont d’associatif que le nom. Ce sont les suites de l’affaire Dentexia. On est en train de détruire le principe de l’accès aux soins de qualité pour tous. Nous proposerons des solutions réalistes pour régler cette problématique. 

Sur le plan systémique ?

En France, le curatif continue de primer sur le préventif. Or, seul une approche préventive de la dentisterie permettra d’améliorer sensiblement la santé bucco-dentaire de nos concitoyens. Il faut explorer de nouvelles pistes et permettre aux pouvoirs publics de changer de modèle tout en améliorant l’environnement professionnel des chirurgiens-dentistes et l’excellence dentaire.

Enfin, sur le plan technologique ?

Le risque, c’est la labellisation des chirurgiens-dentistes par les sociétés commerciales, une prise de contrôle de l’exercice professionnel par les sociétés technologiques. Le praticien doit faire de la technologie un atout, qu’il reprenne le contrôle de l’outil technologique pour être plus autonome et plus performant mais surtout plus dépendant.

Quelle conclusion tirez-vous de cette étude prospective ?

Un message d’espoir. L’exercice dentaire libéral redeviendra attractif si la profession fait face aux menaces et sait prendre les bonnes orientations, car les pouvoirs publics ne feront pas la refonte des exercices libéraux dans l’intérêt des libéraux. On est dans une période de transition. Mais c’est aujourd’hui que se construit demain…

La conférence « quelle avenir pour mon cabinet dentaires ? » aura lieu le 4 novembre à 17h30 en présentiel au siège de votre URPS (21, quai Antoine Riboud , 69002 Lyon) et en visioconférence. Inscription par mail sur contact@urps-cd-ara.fr ou par téléphone au 04 73 14 62 27

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