Nouvelle génération de centres dentaires : la vigilance s’impose !

Depuis deux ans, la région Auvergne-Rhône-Alpes, est en particulier le Rhône, sont confrontés à une hausse exponentielle du nombre de centres dentaires associatifs.  Votre URPS n’entend pas rester les bras croisés ! Diverses actions sont à l’étude.

Une étude indépendante, missionnée par votre URPS, a été menée par Mme Christine Dascott et le docteur Xavier Bondil. Ce travail porte sur les évolutions démographiques  et sur une analyse des risques sanitaires  des centres de santé dentaires dans le Rhône, sur les bases de données publiques. 

Cette étude met en relief la forte progression du nombre de centres dentaires associatifs dans le département étudié, à savoir le Rhône. Sur les 72 centres de santé recensés, ils sont aujourd’hui 40 avec une pratique dentaire, dont 23 gérés par une association loi 1901 à but non lucratif. La courbe sur l’évolution de ces centres est éloquente et illustre bien la tendance constatée dans ce domaine depuis 2018. En deux ans, le nombre de ces centres a en effet pratiquement doublé. Dans le seul département du Rhône, cette tendance est encore plus flagrante : + 250% en deux ans ! 

Les centres ciblent les zones déjà très dotées

Une statistique qui confirme la stratégie de cette nouvelle génération de centres, bien décidés à prospérer. « Le rythme d’ouverture des centres de santé dentaires associatif est déconnecté de l’évolution de la population », notent les auteurs de cette étude très instructive. « Les centres de santé dentaire dans le Rhône se concentrent principalement dans les zones très dotées et sur dotées. Il n’y a aucun centre dans des zones sous dotées ». 

Une situation d’autant plus dommageable que « les nouvelles installations de centres de santé ne répondent pas à un besoin de santé publique mais au contraire participent à l’aggravation des inégalités de l’accès aux soins dentaires sur le territoire ». 

La permanence des soins dentaires en danger

Enfin, Christine Descott et le docteur Xavier Bondil constatent que si les salariés sont tenus de participer au service de garde, les centres de santé dentaires ne sont pas tenus réglementairement d’y participer, « ce qui peut mettre à terme en difficulté la permanence des soins dentaires ». 

L’étude met également en évidence une situation à haut sanitaire pour certains centres selon les facteurs de risques décrits par l’IGAS et la DGOS :

–        Gestion de fait par des sociétés commerciales à but lucratif,

–        Utilisation de marques commerciales déposées

–        Situation de conflits d’intérêts avec des industriels et des laboratoires de prothèses

–        Utilisation massive de pratiques commerciales en termes de communication

–        Discrimination indirecte selon la nature des rendez-vous

–        Orientation de la pratique vers des actes non remboursables

Nous sommes loin de l’esprit du texte de loi HSPT !

A la lumière de tous ces éléments, et devant l’accélération de ce phénomène, (notamment dans les principales agglomérations d’Auvergne-Rhône-Alpes), l’URPS CD ARA étudie actuellement différentes actions pour alerter les autorités de santé, voire défendre les intérêts de la profession en justice.

Nous vous tiendrons évidemment informés au fur et à mesure des actions engagées. Il en va de l’avenir de notre exercice libéral ! 

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