Ce 23 novembre 2018, une pluie froide était battante, et pourtant dans la salle du Pavillon de la soie à Vaulx en Velin, nous nous sommes retrouvés nombreux, plus de 100 participants sans compter tous les intervenants et invités, pour parler de ce grave sujet qu’est la souffrance au travail des professionnels de santé libéraux.

Cette journée marque un point de départ positif dans le travail sur cette thématique. Malgré la lourdeur de ce sujet, l’atmosphère de la journée est restée conviviale, on rapportera des
présentations claires et édifiantes de nos nombreux intervenants, des interventions percutantes de nos invités, des témoignages poignants des participants, et une touche de fraîcheur pendant la pause repas, avec le groupe de Bob et Olga pour saisir sur le vif mais pas sans humour le ressenti des participants.

Parmi les interventions remarquées, l’intervention de Mr Igor Busschaert, représentant ARS, la santé des professionnels de santé leur tient à cœur et ils souhaitent travailler avec nous pour enrayer ce phénomène.

Nos présidents URPS présents Dr Ternamian, Dr Lenfant, Mr Dugast, Mme Royer, Mme Lespinasse ont souligné l’importance de l’union des professionnels de santé pour intervenir dans la prise en charge de nombreuses problématiques et notamment dans celle qui nous réunissait.

Nos présidents et conseillers ordinaux ont souligné le rôle des instances ordinales dans une démarche non pas de rétorsion mais d’accompagnement des professionnels de santé.

Un constat sans surprise est effectué : la souffrance au travail des soignants touche environ la moitié des praticiens. La prise en compte de cette réalité est devenue une nécessité majeure.

Le débat lancé, qu’en ressort-il ?

Curieusement, il apparait un maillage de prise en charge bien existant sur notre région : avec la ligne d’écoute ASRA qui désormais est ouverte à tous les professionnels de santé, des structures dédiées aux soins des soignants en souffrance qui garantissent efficacité et confidentialité, des assurances qui reconnaissent et prennent en charge des praticiens en souffrance, nos ordres qui loin d’être d’en un esprit punitif des soignants en détresse expriment le désir d’aider les praticiens.

Que se passe-t-il donc ? pourquoi tant de souffrance présente, la réponse semble être la mauvaise gestion de la prévention, la difficulté pour les praticiens de prévenir une souffrance potentielle, et de prendre en charge leur souffrance naissante.

Le chemin nous est dicté. Un travail de sensibilisation et la mise en place d’une prévention réelle sont les lieux privilégiés à développer.

L’équipe organisatrice du colloque se remet en marche pour explorer et proposer des actions avec les différentes institutions : URPS, Ordres, mais aussi ARS, et CPAM, cette dernière n’étant pas présente nous a néanmoins montré, depuis, son intérêt pour un tel travail.

Le comité organisateur ne manquera de vous tenir au courant ou mieux de vous faire bénéficier d’actions concrètes, très prochainement.

Nous remercions chaleureusement tous les participants à cette journée qui ont permis à la réflexion d’être, avec une attention toute particulière à nos brillants conférenciers.

Ces paroles du Pr Jean-Louis Terra, président de notre colloque ont terminé la journée du 23 novembre et s’impose encore comme conclusion de ce bilan :

« Il faut mettre les pieds sur les petits pas rugueux et lumineux et progresser ensemble, lentement sur la prise en charge de la Souffrance des soignants, ceux-ci ayant souvent du mal à se faire aider sous prétexte, justement, qu’ils sont des soignants ».

Dr Marie-José GOUMY

Fiche mémo 6 : Dépister l’épuisement professionnel

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