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Certification périodique : 3 questions au Dr Éric Lenfant

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Promulguée en 2019, la loi sur la certification périodique des professionnels de santé vient de faire l’objet d’évolutions par décret. Les précisions du docteur Éric Lenfant, président de l’URPS CD ARA. 

 

1. Concrètement, qu’est-ce la certification périodique des professionnels de santé instituée par la loi du 24 juillet 2019 ?

 

 

Il s’agit d’une disposition nationale visant à garantir, dans la durée, des compétences des professionnels de santé. À croire que nous n’avons pas donné suffisamment de preuves de compétences durant nos études pourtant sélectives…

 

Dans les faits, concrètement, tous les 6 ans, chaque praticien doit attester d’un parcours structuré composé de 4 axes :

  • actualisation des compétences et des connaissances.
  • amélioration des pratiques professionnelles (« la tarte à la crème » pour toute profession de santé).
  • gestion des risques (parapluie administratif).
  • qualité concernant la relation avec les patients.

 

Cette certification vient se rajouter au diplôme initial au même titre qu’un examen complémentaire… Mais cela vient, aussi, se surajouter à la formation continue (DPC). À partir de combien de cursus sera-t-on jugé apte à exercer ? !

 

Cette certification vise un double objectif : d’une part, sécuriser le parcours de soins ; d’autre part, renforcer les qualités professionnelles. Deux priorités évidentes pour nous qui n’allaient pas de soi jusqu’à présent selon le législateur !

 

 

 2. Que change le décret publié le 27 décembre dernier au Journal officiel ?

 

  • Il clarifie les modalités de suivi et de traçabilité des actions réalisées.
  • Il précise les conditions d’exemption ou d’aménagement.
  • Il alourdit le rôle des instances ordinales déjà amplement sollicitées.
  • Il précise clairement l’articulation entre le DPC et la certification périodique… « comme si nous n’avions que ça à faire, comme si nous n’étions pas déjà assez marqués à la culotte… ».

 

 

3. N’est-ce pas une contrainte de plus dans le « millefeuille administratif » dont se plaignent les professionnels de santé, et notamment les chirurgiens-dentistes ?

 

La question est légitime et nous y avons partiellement répondu préalablement. Mais c’est l’occasion de dénoncer l’invraisemblable pression réglementaire qui pèse sur les professionnels de santé. Créer des lois et vous créerez des hors-la-loi !

 

De plus, la plupart des confrères réalisent déjà des actions dans les 4 axes de la certification sans attendre d’être certifiés. Que faut-il faire pour que cette boulimie normative cesse ? Quand va-t-on arrêter de tout compliquer et de transformer même les bonnes idées en enfer technocratique ?

 

En conclusion, cette certification est un nouvel exemple de simplicité administrative à la française… le tout assorti de son téléservice « Ma Certif’pro Santé » qui, vous l’avez deviné, est indisponible !  La chirurgie dentaire progresse, les traitements évoluent, les praticiens innovent et s’adaptent… mais l’administration, elle, persévère…

 

 

© DC Studio / Freepik

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