Cabinets dentaires : une enquête… préoccupante !

Lourdeurs administratives, insécurité, précarisation… Les résultats de l’enquête menée en 2020 dans les cabinets dentaires d’Auvergne-Rhône-Alpes révèlent une lassitude teintée d’inquiétude avant même l’arrivée de la Covid-19. Au cœur de vos préoccupations, des conditions d’exercice de votre profession de plus en plus contraignantes.

Vous avez été plus de 520 chirurgiens-dentistes libéraux exerçant en Auvergne-Rhône-Alpes à répondre à notre questionnaire adressé courant 2020 pour connaître vos attentes et vos préoccupations. Une participation exceptionnelle.

Édifiants, les résultats de cette enquête réalisée juste avant la crise sanitaire mettent en évidence les difficultés que rencontrent les praticiens dans le cadre de leur exercice libéral. Difficultés que l’épidémie de Covid et les confinements successifs ont sans doute dû aggraver.

Grâce à cette participation régionale massive, et à l’intervention du groupe Edile dans le dépouillement et la présentation objective de l’étude, les résultats seront un précieux support pour orienter l’action de l’URPS CD ARA et développer de nouveaux axes d’action à votre intention. Cette enquête nous permettra aussi de communiquer sur la fragilisation de notre profession et de saisir nos autorités de tutelle pour les alerter sur cette forme de précarisation. Certes, après un an de crise sanitaire, d’autres professions sont désormais sinistrées. Mais raison de plus d’identifier nos difficultés et de trouver des solutions au plus vite.

Lourdeurs administratives et difficultés économiques : gare à l’épuisement

Les trois principales préoccupations arrivant largement en tête chez les praticiens sont la gestion de la complexité administrative (89 %), la gestion financière de l’activité libérale (74 %) et, résultante des deux, la gestion de la fatigue voir de l’épuisement professionnel (86 %).

Interrogés sur leurs autres priorités, les praticiens répondent sans hésiter « alléger la gestion administrative » (41 %), « travailler en toute sérénité » (27 %), « valoriser l’exercice libéral » (20 %) ou encore « exercer librement notre activité » (12 %).

Les commentaires sont éloquents : « arrêtons de modifier les règles en permanence ! », « assouplissons les contraintes administratives », « stoppons la mainmise des complémentaires santé sur notre profession » ,  « Continuons d’exercer notre activité libérale en toute liberté ! » ou encore le lapidaire « laissez-nous travailler ! »

Insécurité : des conditions d’exercice de plus en plus délicates…

Plus d’un chirurgien-dentiste sur quatre (26 %) reconnaît avoir déjà subi une agression à son cabinet. Cependant, la plupart d’entre eux indiquent n’avoir ni porté plainte ni signalé l’incident au Conseil de l’Ordre dans le cadre du protocole de sécurité. Un protocole que votre URPS a activé justement pour faciliter les dépôts de plaintes et votre protection ! Votre statut de professionnel de santé est une circonstance aggravante pour vos agresseurs au même titre que si vous étiez policier.

Un accompagnement devenu indispensable

Confrontés à un exercice de plus en plus complexe de leur profession, les deux-tiers des praticiens (65 %) jugent utile de pouvoir disposer d’un standard permanent dédié à la fatigue. A l’URPS, nous disposons d’une commission qui travaille en inter-URPS sur cette problématique qui touche toutes les professions de santé en libéral.

Conventions santé : place à la simplification !

S’agissant des nouvelles mesures conventionnelles, une très large majorité de professionnels (85 %) considèrent que celles-ci n’apportent pas d’amélioration de leur activité libérale. En ce domaine, les demandes des praticiens sont aussi nombreuses que précises : « annuler la réforme 100 % santé », « diminuer l’encadrement des honoraires », « assurer l’indépendance vis-à-vis des mutuelles », « réduire les contraintes administratives et la paperasse » ou encore « permettre aux assistantes de réaliser certains actes ». En résumé, le terme qui revient le plus souvent pour améliorer les conditions d’exercice libéral tient en un mot : simplification !

Projets territoriaux et CPTS : une trop faible mobilisation

L’engagement dans un projet de Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS) ou de Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP) concerne moins d’un chirurgien-dentiste sur dix (8 %). Parmi les rares praticiens qui ont effectué une telle démarche, le choix apparaît cependant intéressant pour plusieurs raisons : richesse des interactions professionnelles, confraternité, occasion de sortir du cabinet, amélioration de la prise en charge des patients…

Leur choix laisse cependant encore apparaître quelques points négatifs : caractère chronophage de la démarche, insuffisance des aides financières, lourdeur de fonctionnement, attribution des subventions « aléatoires »…

En ville ou en milieu rural, même combat !

Avec un taux de retour supérieur à 10 %, notre enquête confirme que les mêmes difficultés sont rencontrées par les chirurgiens-dentistes dans tous les départements de notre région. Qu’ils exercent en milieu rural ou urbain, leurs préoccupations quotidiennes sont les mêmes. A noter aussi qu’une majorité de chirurgiens-dentistes a répondu à cette enquête de manière nominative alors que l’anonymat était proposé. Preuve que vous n’hésitez plus à tirer la sonnette d’alarme pour agir ensemble au service de tous les libéraux.


L’avis du docteur Eric Lenfant, président de l’URPS Chirurgiens-Dentistes Auvergne-Rhône-Alpes :

 « À l’occasion de cette enquête, de très nombreux professionnels ont fait part de leur souhait de s’impliquer dans les travaux de votre URPS. Ceux qui ont laissé leurs coordonnées ont pu être contactés et ont pu participer à une réunion Zoom. 

Parmi les principaux domaines d’intérêt figurent la valorisation économique de nos cabinets tant oubliée ces dernières années, la prévention, le maillage territorial libéral, l’humanitaire, les EHPAD, l’innovation technologique ou encore la sécurité et la gestion des crises sanitaires…

A la lumière de tous ces éléments, et face à la dégradation des conditions d’exercice de notre profession, nous devons plus que jamais faire preuve de cohésion et de détermination. pour sécuriser notre profession : des personnes, des biens, des stocks d’EPI, des stocks de tests rapides, des données personnelles…

La pandémie que nous connaissons depuis un an nous a contraint à suspendre plusieurs commissions. Mais, alors que se profilent les prochaines élections URPS, le bureau de votre Union Régionale affiche plus que jamais une farouche volonté de défendre l’intérêt des chirurgiens-dentistes et de peser de manière efficace sur l’avenir de notre profession ».


Non classé

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *